08 mai 2008
Rogers n'aura peut-être pas l'exclusivité longtemps du iPhone
Et si Rogers n'avait qu'une exclusivité à très court terme pour offrir l'iPhone au Canada? Je me pose la question à la lueur de la nouvelle concernant l'entente entre Vodaphone et Apple.
L'opérateur de téléphones sans fil Vodaphone s'est en effet entendu avec Apple pour commercialiser l'appareil, ce qui signifie que dans plusieurs pays comme l'Australie ou l'Italie, il y aura au moins deux opérateurs à proposer l'iPhone. Auparavant, Apple vendait chèrement l'exclusivité de la commercialisation de l'appareil à un seul opérateur, AT&T aux États-Unis, O2 en Grande-Bretagne, Orange en France, T-Mobile en Allemagne.

Pour l'heure, au Canada, c'est uniquement pour des raisons technologiques que Rogers est la seule en mesure de l'offrir au Canada. Dés la mi-2009, on s'attend à ce qu'il y ait au moins deux autres opérateurs GSM, technologie utilisée par l'iPhone: Vidéotron ou encore l'entreprise formée par Manitoba Telecom Services (MTS Allstream »), l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada et le groupe Blackstone), et peut-être plus si Telus et Bell décident dans un cours laps de temps de changer de technologie (et passer du CDMA au GSM)
Peut-être qu'Apple a accepté de s'entendre avec Rogers pour le moment d'ici la mi-2009, mais que cela ne signifie pas que, quand il y aura d'autres opérateurs GSM au Canada, elle ne pourra pas discuter avec eux.
Ted Rogers, comme tout le monde le sait ou presque, a annoncé la semaine dernière que son entreprise lancerait avant la fin de l'année l'iPhone d'Apple. Mais il n'a rien voulu dire concernant l'entente avec le géant américain et surtout la durée de l'exclusivité, si exclusivité il y a.
Les Québécois et Québécoises désireux de mettre la main sur le dernier bijou d'Apple devrait peut-être patienter quelques mois (ils ont déjà attendu, pour un certain nombre en tout cas, déjà plus d'un an) car quand d'autres au Canada offriront l'iPhone, les prix et forfaits de l'appareil risquent d'être plus attractifs.
05 mai 2008
Entrevue La Grande Bibliothéque
Voici une entrevue que j'ai faite avec le responsable TI/télécom de la Grande Bibliothéque du Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ): Robert St-Jean (son CV est à la fin du texte)
C'est aussi la personnalité du mois en technologie de l'information, nommée par la Fédération informatique du Québec et le journal Les Affaires pour lequel je travaille depuis maintenant presque 9 ans.
La Bibliothèque et Archives nationales du Québec va bientôt fêter son troisième anniversaire et vous avez été le principal responsable de l’implantation de l’environnement technologique qui soutient ses opérations. Parlez nous un peu de vos réalisations.Robert St-Jean – Il faut comprendre que nous avons dû construire de A à Z et je ne parle pas seulement de l’édifice. On parlait d’une nouvelle société d’État, de nouveaux systèmes informatiques, de nouveaux systèmes de télécommunication, de numérisation, de stockage, de gestion de documents et de diffusion auprès du public. Quand nous avons commencé à nous pencher sur le projet en 2000, il fallait prévoir des systèmes et des services qui ne seraient pas dépasser cinq ans plus tard au moment de l’ouverture de la bibliothèque et après. Notre plus grande réussite est d’avoir réussi cela tout en respectant les budgets fixés, 18,2 M$ entre 2001 et 2005. Nous avons également réussi grâce à notre bonne planification à supporter une hausse importante des prêts d’ouvrages [en 2006, on parlait de 4,5 millions de documents empruntés].

Nous avons aussi réussi à faire en sorte que la fusion avec la Bibliothèque nationale du Québec et les Archives nationales et leurs banques de données se fassent sans heurts majeurs. Aujourd’hui, la BAnQ compte 1 405 postes informatiques dont 477 destinés au public, petits et grands, pour la recherche d’ouvrages, mais aussi l’accès internet, le visionnement de films, l’apprentissage de langues étrangères.Nous avons deux réseaux Internet sans fil, un pour nos employés et un autre pour le grand public. Nous utilisons la téléphonie par Internet pour nos besoins externes avec tous les avantages en termes de coûts que cela procure. Notre portail internet est de plus en plus consulté et nous poursuivons notre programme de numérisation du patrimoine québécois.
Tous ceux qui utilisent le portail Internet de la BAnQ (www.banq.qc.ca) vantent le contenu qui y est offert. Pourtant, si l’on se fie aux données fournies par la société de statistique Internet Alexa, il est loin d’être extrêmement populaire surtout si on le compare à d’autres sites québécois offrant des produits culturels. Pourquoi cela?Nous offrons un produit culturel particulier en concurrence avec d’autres. Toutefois, je suis satisfait de nos chiffres d’achalandage. Nous avons enregistré entre avril 2007 et avril 2008, 3,5 millions de visiteurs soit 12 % de plus qu’entre avril 2006 et avril 2007. Nous parlons de 300 000 à 400 000 visites par mois [par comparaison, le site de RDS attire près de 1,5 millions de visiteurs uniques par mois]. Le nombre de pages vues annuellement durant cette période a également fortement augmenté passant de 35 en avril 2007 à plus de 49 millions aujourd’hui.
Des changements sont-ils prévus pour en faire un portail plus populaire?Nous allons procéder à une refonte. Nous voulons permettre un accès plus facile, plus intuitif à nos contenus numérisés, mais aussi aux 130 banques de données québécoises, canadiennes et internationales que nous proposons en ligne. Nous prévoyions également au moment du lancement de cette nouvelle version au printemps 2009 d’en faire davantage la promotion.
Comment avance le programme de numérisation du patrimoine québécois?À l’ouverture de la BAnQ, nous avions numérisé 1,5 millions d’objets [terme techniques désignant un document, un objet pouvant être un texte, un livre, une carte, une image, un journal, etc.] Nous sommes rendus à 8 millions dont plus de la moitié sont accessibles numériquement. On parle notamment de 2,3 millions de journaux et de revues, de 1,5 millions d’actes notariés depuis la découverte jusqu’en 1906 et de 1,5 millions d’archives judiciaires, le reste étant des livres, des cartes, etc.
Qu’en est-il pour les prochaines années?D’ici mars 2009, nous entendons numériser 3 millions d’objets supplémentaires. À l’heure actuelle, nous avons numérisé près de 10 % du patrimoine québécois qui est à notre charge.
La concurrence de Google qui lui aussi à des projets de numérisation, mais à l’échelle planétaire, vous fait-elle aussi peur qu’il y a trois ans?Non. À ma connaissance, la plupart des grandes bibliothèques dans le monde n’ont pas adhéré au programme de numérisation de Google [Google Print appelé aujourd’hui Google Book Search]. L’américaine semble être moins présente aujourd’hui dans le domaine. Il n’en demeure pas moins que si nous, société d’État, nous ne numérisons pas le patrimoine québécois, ce sera l’entreprise privé qui le fera. Elle aura le contrôle sur ces œuvres numériques et leur diffusion avec toutes les contraintes possibles [accès restreint et/ou payant, contenu numérisé en fonction de choix davantage économiques que culturels, etc] que cela implique pour le public.
Google a les poches profondes et pourraient drastiquement augmenter la vitesse de numérisation du patrimoine québécois. La BAnQ cherchait en 2005 un partenaire privé pour aller plus vite. L’avez-vous trouvé?Nous n’avons pas à ce jour de partenaires financiers. La numérisation est payée à même nos budgets de fonctionnement. On parle juste pour la numérisation d’un budget annuel de 400 000$. Il faut bien sûr ajouter à ce 400 000 $ les frais de traitement, de classification et de diffusion. Numériser un objet peut coûter entre 0,25 et 2$ selon la technique de numérisation choisie. Il faut compter le double pour le traitement, le stockage et la diffusion.
À ce rythme, il va vous falloir plus de trente ans.Idéalement, nous aimerions finir d’ici cinq ans. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes en train de préparer un plan pour intéresser les deux paliers gouvernementaux et nous aider à y parvenir.
Au niveau international, la BAnQ participe depuis 2006 au projet de Réseau francophone des Bibliothèques numériques. Pouvez-vous nous en dire un peu plus?Ce réseau a pour objectif de regrouper, de conserver et de mettre en valeur le patrimoine documentaire des pays de la Francophonie, notamment à travers des programmes massifs de numérisation. Nous avons été chargé de concevoir et de produire le portail Internet du réseau qui sera lancé officiellement lors du Sommet de la Francophonie qui se déroulera à Québec en octobre 2008 et qui doit permettre l’accès aux collections numérisés des grandes Bibliothéques francophones (France, Suisse,
CV:
Nom : Robert St-Jean
Âge : 58 ans
Titre : Directeur général des technologies de l'information et des télécommunications
Entreprise : Bibliothèque et Archives nationales du Québec
M. St-Jean est en poste à la BAnQ depuis février 2000. Avant cela, il a dirigé le développement du service informatique de la Société des alcools du Québec de 1989 à 2000. Il a également travaillé pendant 20 ans à la Société de mathématiques appliquées (aujourd'hui Novaxis), spécialisée dans le traitement de données informatiques et le service-conseil.
25 avril 2008
Économiser dans vos salles de serveurs: 8 trucs simples
Jérôme Plantevin
Les centres de données sont très gourmands en énergie. Aux États-Unis, ces salles qui gèrent les opérations informatiques d'une entreprise sont responsables de 1,5 à 3 % de la consommation totale d'électricité des entreprises; au Canada, la proportion est probablement semblable. Cette gloutonnerie pourrait sérieusement saler vos factures d'électricité. À moins de repen- ser la gestion de vos salles de serveurs.
Les besoins en matière de calcul et de traitement de données en entreprise ne cessent d'augmenter. Les entre- prises doivent donc agrandir leurs salles de serveurs ou en ouvrir de nouvelles.
" Ajouter des serveurs à une salle augmente la dépense énergétique et accroît la densité des serveurs, ce qui peut causer des surchauffes qui provoquent des arrêts des serveurs ", explique Philippe Brunet, directeur du développement stratégique chez Symetrix Canada, un spécialiste québécois de la gestion de salles informatiques et centres de données. Pour éviter les surchauffes, l'entreprise doit refroi- dir l'équipement à l'aide de climatiseurs, ce qui augmente davantage la facture.
" Les dépenses énergétiques liées au bon fonctionnement des salles de serveurs sont en train d'exploser et ça va empirer ", prévoit M. Brunet. La préoccupation est nationale dans plusieurs pays occidentaux. Mandatée par le président Bush, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a même présenté un rapport sur la question au Congrès américain en août dernier.
À leur échelle, les respon- sables informatiques peuvent prendre des mesures simples pour réduire la facture énergétique d'une salle de serveurs.
1 - Évaluer l'efficacité énergétique de la salle
Qui consomme quoi ? Faites le tour des équipements informatiques, des refroidisseurs, des humidificateurs, des distributeurs d'alimentation électrique (PDU), des système destinés à fournir un courant électrique sans coupure (UPS) ou ceux servant au conditionnement de l'air (CRAC) pour savoir comment ils contribuent à faire monter la facture énergétique. " Cela permet de savoir où vous en êtes et quels gains vous pourrez réaliser ", observe Jim Smith, vice-président ingénierie chez Digital Realty Trust, une entre- prise américaine qui aide les responsables informatiques à mieux concevoir leurs centres de données.

Pour faire cette évaluation, le Green Grid, un consortium de grandes entreprises américaines en informatique, propose deux unités de mesure : le PUE (Power Usage Efficiency) et le DCiE (Data Center Efficiency). Le PUE correspond à la puissance électrique totale consommée par une salle de serveurs divisée par celle consommée uniquement par les systèmes informatiques. Ce ratio doit être inférieur à 2 et le plus près possible de 1. Le DCiE est le ratio inverse et il doit être le plus grand possible.
2 - Choisir des équipements moins énergivores
Depuis un an, l'EPA hausse les exigences pour l'octroi du label Energy Star, réclamant notamment une meilleure efficacité énergétique des appareils informatiques, et elle élabore en ce moment même un label Energy Star pour les serveurs d'entreprise.
3 - Alterner les espaces chauds et froids
" Segmentez l'espace en créant des zones chaudes, vers lesquelles seront orientées les parties des équipements qui dégagent de la chaleur, et des zones froides, où placer les parties des équipement qui doivent recevoir de l'air frais ", conseille M. Smith.
On peut séparer les espaces chauds et froids par des parois en plexiglas, idéalement mobiles pour faciliter les changements d'agencement.
4 - Réguler la température
Une salle de serveurs ne doit pas être un congélateur. À ce sujet, l'American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers suggère une température de 22 °C.
Lorsqu'il fait froid dehors, l'air frais extérieur, gratuit, peut éviter de climatiser. De même, la chaleur dégagée par les équipements informa- tiques peut servir à chauffer le bâtiment.
5 - Réaménager la distribution de l'air
La solution aux problèmes de surchauffe dans les salles informatiques ne passe pas forcément par l'ajout d'unités de climatisation. Un simple réaménagement de la salle pour favoriser la circulation d'air est une solution beaucoup plus efficace et moins coûteuse. " Récemment, l'Université McGill faisait face à des problèmes de surchauffe dans son centre de données ", rapporte M. Brunet. Une analyse détaillée de la circulation d'air a permis de déceler une mauvaise distribution du système de climatisation. " En optimisant la climatisation, tous les problèmes de surchauffe ont été éliminés et l'université s'est même retrouvée avec un excédent de capacité de refroidissement ", dit M. Brunet.
6 - Bichonner plancher, murs et plafond
Il faut s'assurer de la bonne répartition des carreaux perforés du plancher surélevé, qui facilitent la diffusion de l'air frais, et de veiller à ce que les parties non perforées soient bien scellées. Le consortium Green Grid conseille aussi de bien sceller murs et plafonds et de boucher les trous qui ne servent pas à l'aération.
7 - Mesurer l'utilisation des systèmes qui composent la salle de serveurs
Cela empêche les redondances et permet de décler puis d'éliminer les systèmes inutiles, écrit Kenneth Brill, de la société de services-conseils The Uptime Institute.
8 - Penser virtualisation
La virtualisation est une technique qui permet d'utiliser différentes applications sur un même serveur, même si elles fonctionnent dans des systèmes d'exploitation différents. C'est un moyen efficace de maximiser l'utilisation des serveurs et d'éviter d'en acheter de nouveaux ou d'augmenter leur densité. De nombreuses entreprises ont adopté la virtualisation, réduisant ainsi leurs dépenses en électricité.